Le calife vient de mourir. Alors que le trône est vide, un misérable mendiant vient s’asseoir dessus. Le grand vizir demande aux gardes de se saisir de ce loqueteux qui vient de commettre un tel sacrilège, mais ce dernier répond :

– Je suis au-dessus du calife.

– Comment peux-tu dire une chose pareille ! s’exclame le grand vizir, stupéfait. Au-dessus du calife il n’y a que le Prophète.

– Je suis au-dessus du Prophète, poursuit le mendiant sans se départir de son flegme.

– Quoi ! Qu’oses-tu dire, misérable ! Au-dessus du prophète, il n’y a que Dieu !

– Je suis au-dessus de Dieu.

– Blasphème ! hurle le grand vizir au bord de la crise d’apoplexie. Gardes ! Étripez ce fou sur le champ. Au-dessus de Dieu, il n’y a rien !

– Justement, je ne suis rien.

Cité par : Frédéric Lenoir – Petit Traité de Vie Intérieure.

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