
Un jour, un certain Nobushige, samouraï de haut rang, fut reçu en audience par Hakuin. Il lui demanda :
– Veuillez m’éclairer, Maître, sur ce que sont réellement le paradis et l’enfer.
Le zenji, secoué d’un grand rire moqueur, répondit :
– Si cette question vous tourmente, c’est que vous craignez la mort. Quelle sorte de guerrier êtes-vous donc ?! Seriez-vous un lâche ?!
Furieux, le bouillant Nobushige dégaina aussitôt son katana pour laver cette insulte dans le sang. Sous l’éclat de la lame prête à le pourfendre, le moine, imperturbable, déclara :
– Ici s’ouvrent les portes de l’enfer !
Ces paroles figèrent le samouraï qui rengaina son sabre et s’inclina en s’excusant de s’être laissé emporter.
Hakuin, un sourire flottant sur ses lèvres, répondit :
– Ici s’ouvrent les portes du paradis !
Extrait de : Pascal Fauliot – Contes des sages zen.