Ils étaient deux amis unis comme une poignée de main. Ils faisaient tout ensemble. Les bons coups comme les mauvais, et c’est un jour pour un mauvais qu’ils comparaissent devant le roi. Leur faute est grave. Le roi est le roi et ne peut les tenir quittes. Pourtant le roi les aime. Mais la parole du roi ne pouvant prévaloir la loi, ils sont condamnés.

On prononce qu’une corde sera tendue au-dessus d’un précipice, et que chacun, l’un après l’autre, s’y engagera. Qui parviendra de l’autre côté aura la vie sauve.
Comme il est dit on commence à faire.
Le premier s’y avance. Il se retrouve entier de l’autre côté du gouffre. L’autre, toujours de ce côté-ci, lui crie :

« Comment as-tu pu ? Comment as-tu fait, mon frère ?
– Je n’en sais rien. Tout ce que je sais, c’est que quand je me sentais partir d’un côté, je me penchais de l’autre. »

Extrait de : Marie Faucher – Contes des sages qui s’ignorent.

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